jeudi 26 avril 2012

Il n’y a pas de débat. Pas de débat.


Vous êtes bien en Tunisie, les prévisions météo ne font qu’empirer chaque jour : le temps est nuageux sur la plupart des secteurs surtout l’économie du nord au sud, pluvieux et parfois orageux. Il fait toujours froid avec -5° charisme et les précipitations de bêtises dépassent les 1000 mm à l’ANC.

Notre cher gouvernement ne peut cesser de larmoyer et proclamer son incompétence à chaque fois que des sujets concrets sont évoqués. Nos ministres  n’arrivent pas à trouver des solutions pour nous « sauver » de la catastrophe dont les cloches sonnent de plus en plus fort, pourtant, ils sont très fort lorsqu’il s’agit d’agiter l’opinion publique et de diviser le peuple. Toutefois, il faut avouer qu’ils sont très marrants, et leurs prestations peuvent être très divertissantes. Ce que je ne comprends pas, c’est lorsque certains d’entre eux  s’acharnent sur la télévision nationale et l’accusent de mutiler l’image du pays à l’extérieur (il parait que ça nuit à l’économie), alors que la plupart de leurs déclarations eux-mêmes donnent une image d’un pays effondré, en ruine : tous les secteurs sont foutus, la corruption est incurable, certains même ont parlé d’une conspiration (Yeah conspiracy !) qui vise à faire échouer le premier gouvernement démocratiquement élu de notre histoire (apparemment, ces déclarations ne nuisent pas à l’économie), ils donnent l’impression qu’ils sont choqués par les découvertes qu’ils font et l’ampleur des problèmes auxquels ils font face, comme si c’était une surprise. Et moi j’ai envie de leurs dire : « hé, est ce que vous croyez que vous avez remporté les élections de la Suisse ou quoi ? ». C’est pourquoi ils ne sont pas une équipe, mais une légion de ministres. Espérons qu’ils arriveront à nous sortir de ce pétrin.  

Pendant ce temps, l’ANC est en pleines festivités : les travaux avancent (lentement mais sûrement certains diront) d’une manière fluide dans l’intérêt général de la nation. Ils ne l’ont jamais dit, mais ça se voit que les élus du peuple n’ont pour dieu que la responsabilité historique qu’ils ont envers les générations futures et c’est pourquoi leurs discussions sont toujours autour des sujets les plus importants qui marquent notre conscience générale, à savoir ,  (je ne trouve rien à écrire à ce point en ce moment, mais j’y reviendrais, c’est sûr qu’ils ont discuté quelque chose quand même !). Bref, que dieu soit avec eux, et qu’il les guide dans la quête qu’ils ont entreprit.

Le pire dans cette situation merdique, c’est que non seulement ces responsables légitimes qui ont prouvé leur incompétence n’ont pas l’air très concernés par ce qui se passe dans le pays (flambée des prix, violence, le quotidien des citoyens qui se transforme en calvaire …), mais aussi, ils refusent de faire participer la société civile dans la prise de décision, même dans le diagnostic des causes de ces calamités et des solutions potentielles. Au lieu d’envoyer leurs délégations dans les quatre coins du monde mendier les autres pays, morceler le pays et essayer de le monnayer pour pas cher, chercher des solutions immédiates, à court terme, pour des problèmes enracinés dans notre société et profondément implantés , ils devraient se tourner vers les vrais forces de ce pays, la vraie richesse : des légions de professeurs, de cadres, d’étudiants, de diplômés de l’enseignement supérieur.

Quelle est l’intérêt d’avoir des universités dans un pays, si ces institutions n’essaient pas de résoudre les problèmes où elles se trouvent ? Si elles n’améliorent pas la conscience de la population et ne travaillent pas à faire progresser la société ?

Quel est l’intérêt d’avoir une élite scientifique et intellectuelle dans une société si elle vit dans une société parallèle loin des vrais défis et problèmes de sa réalité, ou si elle est marginalisée par les preneurs de décision, considérée comme accessoire, de belles statistiques à montrer aux responsables étranger.

Plus d’une année a passé depuis la révolution, et les universités sont aussi vides qu’avant, aussi dénudés de sens, de valeur. Il n’y a pas de débat dans les universités Tunisiennes.

Il n’y a pas de débats dans les universités de sciences humaines, de sociologie et de psychologie parce que notre société est au bord d’un gouffre social (chômage, criminalité, extrémisme, ignorance, dérive des jeunes, générations no-futur…).

 Il n’y a pas de débats dans les universités de finance, de gestion, de commerce, parce que nous sommes en train de faire faillite (déficit budgétaire, ruine des entreprises étatiques …)

Il n’y a pas de débats dans les universités et droits, parce que nous sommes en train d’écrire une constitution, la loi fondamentale qui va définir nos droits et devoirs.

Il n’y a pas de débats dans les universités techniques et dans les écoles d’ingénieurs, parce que les technologies employés par les entreprises Tunisiennes sont vielles et dépassés, par ce qu’elles n’ont aucun poids à l’échelle internationale, parce que nos centres et laboratoires de recherche n’ont rien découverts et n’ont aucune relation avec l’industrie qu’ils sont censé développer et interagir avec.

Il n’y a pas de débats.    

mercredi 29 février 2012

Etre Citoyen : ça épuise le portefeuille !



    Se procurer un livre en Tunisie : c'est un luxe !... Ceci reflète en quelque sorte l’état de la culture en Tunisie...
    Je rappelle que nous sommes dans une phase constitutionnelle, et au lieu de nous concentrer sur des sujets que je trouve aberrants, et de nous engager dans des combats perdus d'avance, je propose d'ouvrir un débat publique et national à travers lequel nous essayerons de trouver des moyens concrets garantissant la consolidation des principes et des droits qui sont en relation avec la culture dans la constitution tel que : le droit à l’accès libre à la culture, culture pour tous, livres pour tous, lire pour comprendre, éduquer le citoyen, UN CITOYEN SANS LIVRE EST CITOYEN SANS JUGEMENT...
    D'ailleurs, je conçois que ces "logos" peuvent faire l'objet d'une remarquable manifestation qui vient contrer la plus ignoble et la pire forme de MARGINALISATION. Instaurer : la culture contre des dinars...

    Ce n'est pas par hasard que nous nous sommes trouvés face à une poussée d'obscurantisme. Être salafiste, ça ne demande pas de l'argent ! Mais être « CITOYEN», ça épuise malheureusement le portefeuille...

Ce n'est pas par hasard non plus, et ici je me permets d'user de l'expression de Taoufik Ben Brik, que le peuple Tunisien ainsi que ses gouvernants sont des : "analphabètes scolarisés"...

      Il n'est pas fortuit aussi que nous sommes entrain de discuter le fait de mentionner "la charia" en tant que source de législation, que je trouve à la fois schizophrénique et stupide...L'assemblée constitutionnelle a été ELUE afin d'établir une REPUBLIQUE pas un état théocratique. La question ne devait donc même pas se poser, et, s'engager dans un tel débat, à mon humble avis, montre que la faculté de JUGER est absente chez l'esprit tunisien.

Malheureusement, la liste est encore exhaustive... 

     La dignité d'un citoyen n'est pas la somme des droits économiques et sociaux, l'équation doit tenir compte des droits culturels...LA GLOIRE.
     Je ne suis pas entrain de mettre la cerise sur le gâteau, bien au contraire, je suis entrain de bâtir l'un des premiers piliers de la démocratie moderne : le citoyen GOUVERNANT au sens fort du terme... 
   Moralité : être salafiste, ça vous apprend à économiser. Être citoyen, ça vous coute la peau des fesses. Pensez-y...                         
                                                                                                    Ghassen