Vous êtes bien en Tunisie, les prévisions météo ne font qu’empirer chaque
jour : le temps est nuageux sur la plupart des secteurs surtout l’économie
du nord au sud, pluvieux et parfois orageux. Il fait toujours froid avec -5°
charisme et les précipitations de bêtises dépassent les 1000 mm à l’ANC.
Notre cher gouvernement ne peut cesser de larmoyer et proclamer son
incompétence à chaque fois que des sujets concrets sont évoqués. Nos ministres n’arrivent pas à trouver des solutions pour
nous « sauver » de la catastrophe dont les cloches sonnent de plus en
plus fort, pourtant, ils sont très fort lorsqu’il s’agit d’agiter l’opinion
publique et de diviser le peuple. Toutefois, il faut avouer qu’ils sont très
marrants, et leurs prestations peuvent être très divertissantes. Ce que je ne comprends
pas, c’est lorsque certains d’entre eux s’acharnent sur la télévision nationale et l’accusent
de mutiler l’image du pays à l’extérieur (il parait que ça nuit à l’économie),
alors que la plupart de leurs déclarations eux-mêmes donnent une image d’un
pays effondré, en ruine : tous les secteurs sont foutus, la corruption est
incurable, certains même ont parlé d’une conspiration (Yeah conspiracy !)
qui vise à faire échouer le premier gouvernement démocratiquement élu de notre
histoire (apparemment, ces déclarations ne nuisent pas à l’économie), ils
donnent l’impression qu’ils sont choqués par les découvertes qu’ils font et l’ampleur
des problèmes auxquels ils font face, comme si c’était une surprise. Et moi j’ai
envie de leurs dire : « hé, est ce que vous croyez que vous avez
remporté les élections de la Suisse ou quoi ? ». C’est pourquoi ils
ne sont pas une équipe, mais une légion de ministres. Espérons qu’ils
arriveront à nous sortir de ce pétrin.
Pendant ce temps, l’ANC est en pleines festivités : les travaux avancent
(lentement mais sûrement certains diront) d’une manière fluide dans l’intérêt
général de la nation. Ils ne l’ont jamais dit, mais ça se voit que les élus du
peuple n’ont pour dieu que la responsabilité historique qu’ils ont envers les
générations futures et c’est pourquoi leurs discussions sont toujours autour
des sujets les plus importants qui marquent notre conscience générale, à savoir
, (je ne trouve rien à écrire à ce point
en ce moment, mais j’y reviendrais, c’est sûr qu’ils ont discuté quelque chose
quand même !). Bref, que dieu soit avec eux, et qu’il les guide dans la quête
qu’ils ont entreprit.
Le pire dans cette situation merdique, c’est que non seulement ces responsables
légitimes qui ont prouvé leur incompétence n’ont pas l’air très concernés par
ce qui se passe dans le pays (flambée des prix, violence, le quotidien des
citoyens qui se transforme en calvaire …), mais aussi, ils refusent de faire
participer la société civile dans la prise de décision, même dans le diagnostic
des causes de ces calamités et des solutions potentielles. Au lieu d’envoyer
leurs délégations dans les quatre coins du monde mendier les autres pays, morceler
le pays et essayer de le monnayer pour pas cher, chercher des solutions
immédiates, à court terme, pour des problèmes enracinés dans notre société et
profondément implantés , ils devraient se tourner vers les vrais forces de ce
pays, la vraie richesse : des légions de professeurs, de cadres, d’étudiants,
de diplômés de l’enseignement supérieur.
Quelle est l’intérêt d’avoir des universités dans un pays, si ces
institutions n’essaient pas de résoudre les problèmes où elles se trouvent ?
Si elles n’améliorent pas la conscience de la population et ne travaillent pas
à faire progresser la société ?
Quel est l’intérêt d’avoir une élite scientifique et intellectuelle dans
une société si elle vit dans une société parallèle loin des vrais défis et
problèmes de sa réalité, ou si elle est marginalisée par les preneurs de
décision, considérée comme accessoire, de belles statistiques à montrer aux
responsables étranger.
Plus d’une année a passé depuis la révolution, et les universités sont
aussi vides qu’avant, aussi dénudés de sens, de valeur. Il n’y a pas de débat
dans les universités Tunisiennes.
Il n’y a pas de débats dans les universités de sciences humaines, de
sociologie et de psychologie parce que notre société est au bord d’un gouffre
social (chômage, criminalité, extrémisme, ignorance, dérive des jeunes,
générations no-futur…).
Il n’y a pas de débats dans les
universités de finance, de gestion, de commerce, parce que nous sommes en train
de faire faillite (déficit budgétaire, ruine des entreprises étatiques …)
Il n’y a pas de débats dans les universités et droits, parce que nous
sommes en train d’écrire une constitution, la loi fondamentale qui va définir
nos droits et devoirs.
Il n’y a pas de débats dans les universités techniques et dans les écoles d’ingénieurs,
parce que les technologies employés par les entreprises Tunisiennes sont
vielles et dépassés, par ce qu’elles n’ont aucun poids à l’échelle
internationale, parce que nos centres et laboratoires de recherche n’ont rien découverts
et n’ont aucune relation avec l’industrie qu’ils sont censé développer et
interagir avec.
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